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PtiRoc vient d’arriver à la maison. Et contrairement à ce que l’on pourrait attendre d’un professionnel du comportement canin, je ne cherche pas immédiatement à lui apprendre une succession de comportements. Je ne lui demande pas de me regarder contre un morceau de fromage. Je ne multiplie pas les exercices. Je ne cherche pas à provoquer une réponse pour pouvoir ensuite la récompenser. Je ne mesure pas notre relation au nombre de consignes qu’il exécute.
Depuis vingt-cinq ans, je ne travaille pas à la récompense alimentaire. Non pas parce qu’une friandise ne peut pas déclencher ou renforcer un comportement. Elle le peut. Mais obtenir une réponse ne signifie pas nécessairement construire une relation. Mon approche repose principalement sur des principes issus de la P.N.L. — Programmation Neuro-Linguistique : l’observation, la communication, la cohérence, l’ajustement et la compréhension de la manière dont chacun perçoit son environnement. Je m’intéresse à ce que PtiRoc observe. À la façon dont il interprète mes gestes. À la manière dont il réagit à ma posture, à mon rythme, à ma voix et à mes intentions. À ce qui le rassure. À ce qui l’interroge. À ce qui crée progressivement de la confiance entre nous. Parce qu’avant d’apprendre quoi que ce soit, PtiRoc doit comprendre où il vient d’arriver. Il découvre une nouvelle maison. De nouvelles odeurs. De nouveaux rythmes. De nouveaux chiens. De nouvelles habitudes. Et surtout, de nouveaux humains dont il ne connaît encore ni les intentions, ni la cohérence, ni la manière de communiquer. Pendant ce temps, je l’observe. J’observe les endroits dans lesquels il choisit de se reposer. La distance qu’il maintient avec moi. La manière dont il entre en relation avec les autres chiens. Les situations dans lesquelles son corps se détend. Celles dans lesquelles il devient plus vigilant. Les moments où il vient spontanément chercher ma présence. Et ceux pendant lesquels il a simplement besoin de regarder, d’analyser et de comprendre. Ce travail peut sembler invisible. Pourtant, il est essentiel. Car une adoption ne consiste pas seulement à faire entrer un chien dans une maison. Elle consiste à lui permettre de trouver progressivement sa place dans un nouvel environnement, sans lui demander de devenir immédiatement celui que nous avions imaginé. Bien sûr, un cadre est nécessaire. Mais un cadre n’est pas une accumulation d’ordres. C’est une organisation stable. Des réactions humaines prévisibles. Des limites compréhensibles. Des espaces respectés. Des intentions lisibles. Et une cohérence qui permet au chien de savoir sur qui il peut s’appuyer. Aujourd’hui, je ne cherche donc pas à obtenir quelque chose de PtiRoc. Je cherche à le rencontrer. Et, dans le même temps, je lui laisse la possibilité de découvrir qui je suis. Parce qu’une relation ne commence pas par une méthode. Elle commence par deux êtres qui s’observent, qui communiquent, qui s’ajustent et qui apprennent progressivement à se faire confiance. Avant de demander au chien de s’adapter à notre vie, nous devons apprendre à comprendre la sienne. Une adoption ne commence pas par une récompense. Elle commence par une rencontre. |